EXPERIENCE DU VIEILLISSEMENT

Robert Pelleing 

 

      En février 2005  j'écrivais  mon texte  Vieillir (voir plus loin).

      Or depuis la rédaction de ce texte j'ai sérieusement vieilli, j'ai aujourd'hui 87 ans passés, et j'ai essayé de mettre en pratique ce que j'avais écrit à cette époque, et d'observer les problèmes soulevés.

      C'est le résultat de ce travail d'analyse que je vous livre. Il s'agit d'une expérience strictement personnelle et d'une analyse subjective, mais je pense ainsi faciliter la réflexion sur ce problème du vieillissement qui inquiète beaucoup de nos contemporains. J'attacherais d'ailleurs du prix aux remarques de ceux et celles qui entrent dans le troisième âge.

     

     

 

Extraits de mon texte Vieillir de 2005:

   Le problème de la    vieillesse peut être abordé sous deux aspects.

      La vieillesse : ‘’ Fait d’être vieux’’ précise le dictionnaire, ‘’ vieux : avancé en âge’’. Il s’agit donc du nombre d’années de vie, un problème d’état civil. Le même pour tous.

      Vieillissement : ‘’ Ensemble des phénomènes qui marquent l’évolution d’un corps vivant vers la mort’’, c'est-à-dire usure du corps, ce qui induit des handicaps. Le vieillissement est différent pour chacun de nous, en fonction de notre génétique et de notre histoire personnelle. C’est donc le vieillissement qui nous intéresse.

.       . Le vieillissement,  peut et doit être un enrichissement, car on peut profiter de ses expériences vécues, mais aussi de celles des autres, ce que les anciens appelaient la sagesse. Le problème est donc de savoir analyser nos expériences pour en tirer profit.

      Il s’agit d’utiliser nos connaissances pour organiser  notre  vieillissement,  Ce qui ressemble beaucoup au problème des handicapés et de leur entourage. Or ce problème est étudié depuis longtemps déjà.

      Réorganiser sa vie est difficile, car c’est modifier son échelle de valeurs personnelle : telle valeur qui était essentielle devient secondaire, telle autre valeur jugée secondaire devient essentielle. La règle, bien que très difficile, est simple : assumer le handicap définitif, qui est inéluctable, et réorganiser sa vie en fonction de ce handicap. Et c’est l’expérience (la sagesse) qui peut nous y aider en nous permettant de trouver notre solution personnelle.

      Ce qui n’exclut pas, au contraire, d’avoir recours aux progrès de la médecine pour freiner ou réduire le handicap. Mais la médecine est encore balbutiante pour les médecins généralistes qui n’ont pas été réellement formés dans ce domaine de la gériatrie.

      La vieillesse est inéluctable, nous le savons, mais de plus en plus d’êtres humains refusent de vieillir, alors que les progrès de la science permettent d’allonger de plus en plus la vie. Nous voulons rester jeunes jusqu’à la fin de nos jours !

      Apprenons donc à vieillir et à accepter les handicaps liés au vieillissement, et pour cela profitons des expériences vécues par les handicapés et leurs familles. Ils peuvent nous aider à bien vieillir.  

     

      Quels sont les problèmes auxquels les handicapés (et les vieillards) doivent faire face?

      -Bien connaître la nature de leurs handicaps (stables? définitifs?).

      -Les assumer: toujours en tenir compte.

      -Adapter leur projet de vie à ces handicaps, ce qui leur permet de réaliser leur         

       projet, d'être ainsi en équilibre et d'être heureux (voir mon texte Le bonheur).

    

 

      Quels sont mes handicaps m'ayant servi de terrain d'observation? Et comment     ai je réagi?

 

      Bien connaître la nature de ses handicaps.

      J'ai une DMLA à l'oeuil gauche. Je fais faire un contrôle régulier par mon ophtalmo qui fait les interventions nécessaires et me conseille.

      J'ai une audition de plus en plus déficiente et porte deux prothèses auditives, que je fais contrôler régulièrement.

      J'ai une très mauvaise motricité des membres inférieurs avec perte d'équilibre.

 J'utilise une canne et regarde constamment où je pose mes pieds. J'ai une carte d'invalidité et mon médecin me prescrit régulièrement des séances de kiné.

      J'ai surtout des pertes de mémoire de plus en plus importantes et c'est ce qui me pose le plus de problèmes. J'ai écrit un texte, en 2005, sur la mémoire où je rappelle l'importance de l'intérêt, mais le vieillard a un intérêt très fort à retrouver un mot, et ne le retrouve pas. C'est certainement que le trajet qui conduit au mot recherché est détruit quelque part. Il faut donc trouver un nouveau trajet dans la structure des connaissances (famille de mots, synonymes, contraires...) pour arriver au mot cherché. Certains exercices (mots croisés par exemple) peuvent entraîner la mémoire et retarder ses défaillances.

      Assumer ses limites et toujours en tenir compte, adapter ses projets de vie.

      Le 13/06 il y a eu sur FR3, à 19h15, un reportage intéressant. Deux paraplégiques ont expliqué qu'ils allaient faire le tour de la méditerranée en trimaran sans accompagnateur, Ils ont préparé leur voyage, et surtout le trimaran, avec l'aide de spécialistes. Ils ont tout prévu, connaissant parfaitement leurs limites qu'ils ont compensées:en particulier avoir tout à portée de main et des sièges adaptés à leur handicaps. Ils partent heureux, sûrs de réussir, car leur projet de vie prend en compte leurs limites, qu'ils connaissent parfaitement). Belle illustration des 2ème et 3ème points. Pour ma part je m'efforce de bâtir des projets à court et moyen termes en tenant toujours compte de mes limites. Je peux ainsi les réaliser, être en équilibre et heureux.

      Cela dépend bien sûr de nos valeurs (affectivité), de nos connaissances et donc de               notre histoire personnelle et varie d'un individu à l'autre. Et cela explique aussi les résultats d'une étude scientifique anglo-finlandaise signalée récemment dans les journaux (Figaro et Le Parisien) selon laquelle '' ce n'est pas l'importance de l'activité intellectuelle au cours de la vie qui paraît avoir un effet protecteur (sur la maladie d'Alzheimer) mais bien le niveau d'études, les capacités intellectuelles accumulées avant 25 ans''.

 

      CONCLUSION. Les handicapés peuvent grandement nous aider contre le vieillissement puisque celui ci est caractérisé par l'apparition de handicaps.,

 

     

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