REFLEXIONS SUR LA PEDAGOGIE

Robert Pelleing 

 

ROLE DU MAITRE. Le maître est là pour donner des outils à l’élève et lui apprendre à s’en servir, comme dans tous les apprentissages. En math (compter, mesurer, utiliser des figures), en français (s’exprimer oralement ou par écrit avec le vocabulaire, la conjugaison et l’orthographe), mais aussi en sciences (pour maîtriser son environnement), en géographie (pour maîtriser l’espace), en histoire (pour comprendre le présent), en éducation physique (pour maîtriser son corps), en éducation esthétique (pour maîtriser son affectivité) et en éducation civique et morale (pour maîtriser sa vie avec les autres).

      L’humanité, au cours de son histoire, a inventé les mathématiques, les langues, la géographie…pour répondre à ses besoins. Ce sont ces mêmes besoins que le maître doit aider l’élève à découvrir : à quoi çà sert ? Puis le maître, qui sait, apporte à l’élève les outils dont il a besoin pour découvrir ce qu’il cherche, ce qui lui évitera les longues recherches que l’humanité a conduites pour arriver au but.

      L’ontogenèse reproduit la phylogenèse dans l’ordre des étapes mais ne peut la reproduire dans le temps. Grâce au maître l’élève découvrira l’utilité du nombre mais ne mettra pas des millénaires pour découvrir celle de la numération ou des opérations.

      Le rôle du maître est de mettre l’élève en situation de découverte, puis de lui apporter les outils et techniques qui lui permettront de répondre à la question qu’il se pose. (Voir nos remarques sur les math et sur l’arithmétique).

     

      On parle beaucoup, par exemple, en ce moment, de l’éducation à la citoyenneté (dont la morale fait partie). La meilleure façon d’y arriver est de faire vivre l’élève dans une classe démocratique, où l’on découvre que l’autre est toujours différent mais que j’ai besoin de lui pour vivre dans le cadre de la classe. Il  faut donc trouver des règles de vie commune acceptables par tous. Mais la classe fonctionne dans une école qui a, pour les mêmes raisons, un code de vie commune, l’école fonctionne dans une commune, dans un département…Le maître fera connaître à l’élève ces divers codes et l’aidera à trouver, avec les autres, les règles qui permettront à la classe de fonctionner harmonieusement tout en respectant les codes des groupes plus larges auxquels elle appartient.

 

Formation des maîtres. Nous avons vu l’importance de la psychopédagogie pour susciter chez l’élève l’intérêt, le besoin, l’envie d’apprendre pour créer. D’où l’intérêt pour le maître de connaître le mécanisme d’assimilation et le principe structuraliste d’organisation des connaissances décrits par PIAGET, ainsi que les étapes du développement de l’affectivité décrites par WALLON. Mais Piaget et Wallon sont hélas de moins en moins étudiés au niveau universitaire.

     De même la nécessité de connaissances en EPISTEMOLOGIE, ce qui permet de faciliter la recherche de situations motivantes pour l’élève (cf. nos remarques sur l’arithmétique).

      Enfin il est important de connaître l’histoire de la pédagogie et de l’éducation : MONTESSORI et l’introduction du jeu pour provoquer l’intérêt, DECROLY et les méthodes actives, FREINET et WALLON pour une pédagogie active, pour ne citer que quelques uns .

      Pour cela il faudrait que la formation, initiale et continue, des enseignants fasse une plus large place aux problèmes posés plus haut, à côté de la formation universitaire, indispensable mais non suffisante.

      Fournir aux enseignants les moyens de créer leur propre pédagogie. Car l’IUFM , comme l’école, ne peut enseigner une pédagogie, qui est une création permanente. Il n’y a pas de recettes ni de modèle en pédagogie. Il doit fournir au futur enseignant les outils et les techniques pour organiser à tout moment sa propre pédagogie et lui fournir les moyens d’une réflexion sur son propre travail, pour lui assurer cohérence et efficacité.

 

CONCLUSION .Le maître enseigne, c'est-à-dire dit ce qu’il sait, l’élève apprend, c'est-à-dire le met en mémoire pour pouvoir s’en servir ultérieurement. Mais on n’apprend pas les math, on les crée :il faut que j’invente la solution du problème qui se pose à moi. Et c’est vrai pour toutes les disciplines dans la vie de tous les jours.

      Le maître doit donc enseigner les outils et techniques mis au point par l’humanité au cours des millénaires et l’élève doit les apprendre pour pouvoir les utiliser ultérieurement.

      C’est vrai pour toutes les disciplines, y compris la citoyenneté…et la pédagogie !

     

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