Quelques réflexions sur la notation à l’école

Robert Pelleing 

 

      De nombreux débats se développent actuellement sur la notation à l’école. Mais on oublie de poser la question essentielle : Pourquoi note-t’on les élèves ?

     

       A QUOI ÇA SERT ? Il serait intéressant de connaître l’histoire de la notation, ce que je ne peux pas faire. Mais aujourd’hui on peut noter deux objectifs pour cette pratique.

      UN OBJECTIF SOCIAL : mesurer la qualification et l’adaptation à un poste de production, c'est-à-dire l’utilisation possible de l’individu par le groupe. Qu’est ce qu’il peut faire ? Où est-il le plus performant ? En réalité dans notre type de société, c’est former des salariés de tous niveaux pour répondre aux besoins de la société..

      UN OBJECTIF PERSONNEL : Permettre à l’élève de mesurer ses progrès et de se situer par rapport au groupe classe, ce qui lui facilitera l’élaboration d’un projet de vie, à moyen ou à long terme selon l’âge.

      Malheureusement il y a souvent distorsion, voire antagonisme, entre ces deux projets ; car tous les élèves sont soumis au même système d’éducation et de notation, sans tenir compte du fait  qu’ils sont différents, puisque chaque élève est unique

 

      COMMENT ÇA FONCTIONNE ? On utilise une échelle de notes dont le référentiel est en principe le groupe classe, utilisant ainsi inconsciemment les statistiques alors qu’on ignore les règles de la statistique :si tous les élèves ont une note au dessus de 10, ou au dessous, alors la moyenne n’est plus 10.  On a pris comme référentiel une classe idéale, très subjective.

      On ignore le problème relationnel maître-élève, pourtant essentiel. Je me souviens du cas d’un enfant, excellent élève du C.P. qui devint dès le premier trimestre un élève impossible au C.E.1., il ne faisait plus rien. Nous l’avons pris au C.M.P.P., que je dirigeais à l’époque, et le psychiatre me dit que le physique de l’instituteur (qui était un excellent maître) lui rappelait un homme qui l’avait profondément meurtri dans sa petite enfance. Il fallait changer l’élève de classe. Ce que nous avons fait, après explication avec le maître   et les parents, et l’élève a eu par la suite une très bonne scolarité.

      Il en est de même pour la relation au système scolaire. Penser aux problèmes posés par les enfants de tribus gitanes en cours de sédentarisation, comme j’en ai connus dans l’Hérault.

      Mais surtout on oublie, dans la notation, les problèmes de l’environnement de l’élève : famille, quartier, milieu culturel ou acculturel, sports, etc…qui jouent un rôle essentiel dans l’éducation.

      Enfin on oublie surtout la notion d’appétence, d’intérêt pour une discipline, voire pour l’école en général. On ne peut pas faire boire un mulet qui n’a pas soif !

 

      CONCLUSION. La note est-elle nécessaire ? N’est-elle pas, dans notre civilisation, un effet du mythe du nombre ? Ne vaut-il pas mieux, pour le maître et pour l’élève, une appréciation objective et claire, rédigée avec l’intéressé, à partir d’un projet personnel ? C’est ce qui se faisait (et se fait encore je pense) dans les classes pratiquant les techniques Freinet ou les méthodes actives en général.

      Reste le problème des examens et concours où la notation est nécessaire, mais on devrait la compléter le cas échéant par l’étude du carnet scolaire et un entretien avec le candidat.

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