RESISTONS !

 

Les propos du ministre, la circulaire sur la lecture et la surenchère du recteur nous laissent pour le moins une étrange impression : la profession toute entière s’y trouve flouée dans son identité même, et cela malgré les divergences et les courants qui la traversent.

L’idée de ramener la complexité des actes de lecture, en particulier au cours de leurs apprentissages, aux traits dominants et premiers d’une mythique méthode syllabique qui aurait fait ses preuves, est au moins une imposture ; en tout état de cause, un déni de tout ce que la pratique des maîtres dans la quotidienneté de leur rapport aux enfants et aux savoirs, de tout ce que les recherches en action ont produit depuis des décennies.

Il n’est pas de notre intention de rallumer une guerre des méthodes que tous les professionnels estiment dépassée. A l’ICEM, nous promouvons des démarches qui placent résolument l’enfant en position de s’approprier la culture, le sens, la technique tout en provoquant et en entretenant son désir d’apprendre. Toutefois, nous savons que nous ne détenons aucun monopole et que le champ des possibles pédagogiques est vaste.

Nous revendiquons la liberté du choix des actions pédagogiques pour toute la profession, elle est inscrite dans son histoire et participe de son identité, alimentant des débats parfois vifs mais toujours nécessaires à l’évolution de nos pratiques.

Comme nous ne prenons pas notre ministre pour un imbécile, il nous faut ramener sa position et ses injonctions  à ce qu’elles sont dans le champ politique et idéologique:

·                  une tentative démagogique de mise au pas des enseignants par des injonctions méthodologiques behaviouristes, simplistes et caduques, et l’introduction des parents dans l’évaluation de leur travail,

·                  une mise en conformité des finalités de l’école aux objectifs du libéralisme par la promotion de la «culture du résultat» en multipliant les évaluations gommant le travail sur le sens,

·                  un alignement sur les politiques éducatives anglo-saxonnes se développant sous les serres du cognitivisme,

·                  une négation de toute la culture éducative et pédagogique française qui s’est construite au fil des combats, tout au long de l’histoire de l’école.

·                  une vraie fausse solution à ce qui aurait été identifiée comme cause de la crise des banlieues : l’échec de l’école comme échec des stratégies éducatives, désignant clairement l’enseignant comme responsable sinon coupable de cette supposée incurie.

 

Ne laissons pas s’installer une insécurité permanente quant à nos pratiques et un climat de suspicion entre les parents et nous ; ce climat dont les enfants feront les frais et dont certains collègues paieront aussi l’addition.

 

RESISTONS !

Assumons nos choix éducatifs, affirmons nos démarches dans le cadre des programmes de 2002 et de la loi d’orientation définissant la politique des cycles, convainquons, montrons notre professionnalisme pour que ni les enfants, ni les parents ni les maîtres de l’école publique ne soient les dindons de cette farce libérale.

Ne restons pas isolés face aux pressions de toute sorte qui ne manqueront pas de nous déstabiliser, faisons jouer les réseaux de solidarité, syndicaux et associatifs pour montrer que la liberté inscrite aux frontons de nos écoles n’est pas un concept vide de sens.

 

ICEM 34 (Mouvement Freinet du département de l’Hérault)

 

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