Thème de la rencontre : le texte libre

Avertissement : Entre ce que j’ai écouté, ce que j’ai entendu, ce que j’ai compris, ce que j’ai interprété, ce que j’ai noté, ce que j’ai retranscrit, ce que vous voyez et ce que vous en comprenez, il y a mille raisons que ce compte-rendu n’en soit pas un ...

Nous avons lancé les échanges à partir de documents apportés par

F Anne : Dossiers du Nouvel Educateur : « Réhabiliter le texte libre » 1 (sept. 94) et 2 (Oct. 94) et « Artisan Pédagogique » N° 23.

F Sylvain : « La vie du texte libre »

Voici sans organisation précise l’essentiel des prises de paroles de chacun :

Anne :

Les textes libres sont utilisés pour le journal de classe. Ceux qui ne sont pas choisis sont regroupés dans un cahier : le recueil de textes.

Les élèves n’écrivent que par le texte libre, texte qui ont pour visée la médiatisation.

Indication horaire : 2 x ¾ d’heure par semaine + les ateliers d’écriture.

Une « nourriture » est apportée aux élèves afin que leurs productions puissent évoluer à partir de jeux d’écriture, de musique (à quoi ça te fait penser ?) et de partages d’idées (écrire à deux).

La séance de « Choix de texte » est préparée. Ensuite, chaque auteur vient lire son texte, lecture soumise à un bilan par les autres (qualité de la lecture et qualité de la structure du texte.)

Ce ne sont pas forcément les auteurs qui entrent leurs textes sur ordinateur.

Marianne :

Utiliser le texte libre pour ne faire que de la grammaire, c’est dénaturer le texte libre.

Martine :

Le vécu et l’histoire de la classe gomment les dérives du choix de texte (ex : ne voter que pour ses copains).

Avec les « coincés de l’écrit », il est possible de leur proposer une première expression par le dessin, engagements qui évolueront par une écriture avec d’autres puis une écriture avec un recours possible à un « tuteur. »

En CE1, je ne m’occupe pas encore des problèmes d’orthographe et de grammaire dans les expressions libres.

Lorsqu’un élève souhaite demander quelque chose à un copain (dans le travail), il lui est possible d’écrire une « bafouille » et de la lui faire parvenir.

Mireille (Basile) :

Du fait de la particularité des enfants accueillis, l’approche de l’écrit est différente. Le principe général est le suivant :

1 - A chaque situation, les enfants écrivent.

2 - A force, au fur et à mesure, « ça entre ».

J’ai abandonné le choix de texte en raison des trop grosses dérives qu’il entraînait : on ne votait que pour le « chef » et pas pour les textes qui justement auraient mérité d’être élus. Les influences sont trop fortes.

Tous les textes sont corrigés, recopiés et collés sur le cahier d’écrivain.

Souvent, face au texte libre, les enfants disent ne pas avoir d’idée. Il faut donc leur trouver un point d’ancrage, une banque d’images par exemple.

Un des risques majeurs du texte libre est que si les enfants n’ont pas suffisamment d’outils pour s’améliorer, ils s’épuisent faute d’évolution. C’est donc notre travail d’enseignant que de leur apporter de la « nourriture ». Tout ébéniste est libre de créer parce qu’il dispose de beaucoup d’outils.

Autre support : « On réécrit comme ... »

Au final, on réécrit un texte de classe à partir des textes de chacun.

Toutes ces pratiques sont à réadapter en fonction du niveau et du type d’enfants. La seule chose que je peux faire c’est « on corrige ensemble un petit peu. » La priorité reste de développer ou du moins d’alimenter le désir d’écrire.

Ce n’est que par la répétition et la systématisation que les choses s’ancrent.

Les enfants qui sont dans l’immédiateté ne sont pas toujours capables de se souvenir des informations tirées des corrections précédentes. S’il n’y a pas projection, les corrections ne servent à rien et se confondent avec punition.

Mireille (Salamanque) :

Parfois, j’induis les leçons traitées collectivement : ces notions ne sont pas toutes issues des textes libres des enfants.

Les élèves n’écrivent pas que pour être médiatisés. Des exercices d’écriture pour eux leur sont proposés.

Je me sens démunie devant l’immensité des compétences à travailler en ce qui concerne la rédaction de textes. Donc, je choisis des compétences.

Souvent les textes libres ne conduisent qu’à la rédaction de textes narratifs, ce qui est une restriction dommageable. C’est intéressant de lancer les élèves sur d’autres types de textes. Pour cela, j’utilise des lanceurs d’écriture (Ex : Je décris ma mère... )

Devant le manque d’intérêt de la réécriture des textes, ce travail est payé s’il est correctement effectué à partir d’un code de correction.

La visée principale de tout ce travail de reprise de textes est le déplacement et le réinvestissement des compétences.

Myriam :

Le choix de texte a été abandonné en raison des trop importantes contraintes qu’il véhiculait, surtout celle du temps.

L’absence de journal de classe ou de correspondance nuit à la médiatisation des écrits d’enfants. Pourtant, les textes sont valorisés au travers d’un cahier de texte de classe et d’un cahier d’écrivain personnel sur lequel les élèves retrouvent leurs textes et toutes leurs évolutions.

Une fois par semaine, 1 heure d’écriture est proposée aux enfants. Je suis à disposition. Ces écrits ne servent jamais pour travailler le code écrit mais seulement la structure des textes et des phrases.

Lors des réécritures, je demande souvent aux élèves de le faire mais au regard d’une seule compétence, le reste étant corrigé par moi (Ex : Réécris en faisant des phrases.) Ce travail permet de découvrir des manques importants.

De manière générale, on écrit tout le temps pour être lu.

Lorsqu’il s’agit de produire un écrit poétique, le travail se fait davantage sur le fond que sur la forme.

Viviane :

Existe-t-il des logiciels qui aident les enfants à corriger leurs textes ou qui proposent des activités à partir de leurs textes ?

Sylvain :

Voir le document « La vie des textes libres »

La rédaction des textes libres ne fait pas l’objet d’un temps précis dans la semaine. Le plus souvent, les enfants écrivent lors de leurs temps de travail personnel, lors des temps de rédaction des articles pour le journal, pendant l’étude ou à la maison. Seul le moment de « Choix de texte » est inscrit dans l’emploi du temps. Pour éviter les débordements de temps dus à un nombre important de textes présentés, le conseil vient de voter que l’on ne pouvait mettre que deux textes par partie (réel, rêve, imaginaire) dans la boîte. Ainsi, le choix de textes ne dure pas plus d’ ½ heure.

Tout le travail concernant l’écriture a pour visée que les enfants donnent et mettent du sens dans leurs écrits : on écrit pour et parce que...

Il arrive que le conseil ou moi-même passions commande d’un texte (difficile ou peu motivant) auprès d’un élève. Ce dernier s’engageant à le fournir dans les délais est payé pour cela.

Le plus souvent, le journal de classe propose un « dossier » qui permet à tous les élèves d’avoir quelque chose à dire. Les thèmes sont généralement issus des sorties scolaires que nous faisons. Cependant, lorsqu’elles ne sont pas toujours réalisées, un commentaire de l’actualité au travers d’un enregistrement du journal télévisé devient support aux écrits.

Un « point sur... » est un moment de leçon collectif dont le sujet est issu de la récurrence des erreurs dans la classe. Un « Moment de bilan » est également une temps de leçon mais dont le sujet provient d’une compétence tirée des ceintures. Ainsi, un « moment de bilan » est moins naturel qu’un « point sur... »

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